Dans le cadre du quatrième festival des Aralunaires, l’Académie des Beaux-Arts de la ville d’Arlon expose ses talents dans les vitrines de commerçants. La balade commence à la rue du Marché-au-beurre, se poursuit sur la Grand-Place et s’achève à la Grand-Rue, à la rencontre de 18 artistes plasticiens. Des T-shirts réalisés par l’atelier de gravure, déclinant l’emblème arlonais, le cerf bramant, sont en vente chez Pi-Music. Les tableaux vivants des ateliers de formation pluridisciplinaire des adolescents seront eux accrochés sur les différents lieux de concert.
J’ai la chance d’accueillir les travaux de deux femmes dans mes vitrines: Dominique Depasse et Astride Krier. Voici quelques mots sur leur démarche:
(Dominique Depasse, à propos de ses boîtes enfermant de délicats papillons de papier)
« Les cadres papillon font partie d’une installation plus complète.
L’idée de départ c’est l’effet papillon dans le parcours de vie. On peut faire un parallèle entre 1) ce petit battement d’aile de papillon à un endroit de la planète qui, par un effet ondulatoire, provoque une tempête à l’autre bout et 2) ce petit événement, parfois bien anodin, qui en induit d’autres par effet domino jusqu’à provoquer un changement complet de l’existence. Ce peut être une rencontre, un choix d’études, un concours réussi, un déménagement, une rencontre dans un train, etc.
On pourrait presque en faire un roman sur le modèle des « Cent mille milliards de poèmes » de Raymond Queneau.
Bref, sur cette base, j’ai d’abord réalisé trois heures d’interviews de différentes personnes à différents moments sur ce thème. Il n’y avait pas vraiment de question, c’était plutôt une discussion sur le thème : est-ce que vous identifiez l’un ou l’autre moment dans votre parcours de vie qui a été déterminant pour le reste ? Est-ce que vous y songez parfois ?
De ces trois heures, j’ai extrait une bande son de 7 minutes, dont l’intégralité est reproduite en vrac dans les petits livres qui accompagnent les cadres. J’ai aussi extrait des phrases qui sont reproduites sur l’étiquetage des papillons et sur des cartes que j’ai illustrées par des photos. J’ai aussi réalisé deux t-shirts avec les fiches reproduisant les paroles des personnes interrogées. »
(Astride Krier, à propos de ses insolites toiles peintes au vin rouge- du très bon vin, en général du Bourgogne, m’a-t-elle confié)
« Employer le vin rouge en guise de couleur, démarche que j’ai découverte lors de l’exposition « Le Musée se dessine » (exposition au Musée archéologique d’Arlon) m’enchante pour la recherche de tons et de nuances des différents vins, laissant place au hasard dans ma démarche gestuelle.
Les nuances de tons prune, aubergine, rose fané se fondent en transparence sur le blanc du support et avec le temps ces tons changent suivant l’exposition à la lumière, évolution aléatoire du travail qui me provoque énormément de plaisir. »
